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Hommage au sénateur Wetston

 

Honorables sénateurs, qu’est-ce qu’un homme peut faire après une vie accomplie où il a occupé des postes clés dans les domaines de la protection des consommateurs, des transports, des politiques de la concurrence, de l’énergie, de la magistrature et de la réglementation des valeurs mobilières?

Eh bien, à l’âge de 70 ans, Howard Wetston a posé sa candidature pour devenir sénateur. Mettant de côté toutes ses autres contributions à la Chambre haute, le fait qu’il ait considéré une nomination au Sénat comme un nouveau défi à la hauteur de sa carrière déjà illustre relève la barre pour les aspirants candidats et nous place en excellente compagnie. Je ne fais pas ici allusion seulement aux postes qu’il a occupés dans les plus hauts échelons de la classe dirigeante canadienne, mais aussi au leitmotiv de sa carrière, soit la fonction publique.

M. Wetston est devenu sénateur pour continuer à faire ce qu’il a fait toute sa vie : servir le public. Il est regrettable qu’il n’ait pu être parmi nous qu’un peu moins de six ans, y compris trois où notre travail a été limité par la COVID. Toutefois, en cette brève période, sa contribution au Sénat a été exceptionnelle.

Si on mesure la contribution d’un sénateur par les pouces-colonnes qui lui sont consacrés dans le hansard, par le nombre de projets de loi qu’il a parrainés, d’amendements qu’il a proposés, de motions qu’il a présentées et d’interpellations qu’il a lancées, par son nombre de mentions dans les médias sociaux ou le nombre de paparazzis qui le suivent, le sénateur Wetston obtiendrait probablement un B moins.

Cependant, si on mesure cette contribution par la qualité et le moment de ses interventions, son empressement à accepter des tâches difficiles et sans gloire et, surtout, par la confiance et le respect qu’il inspire à ses collègues, il se verrait certainement décerner la plus haute distinction.

Avez-vous remarqué que lorsque le sénateur Wetston prend la parole, le calme revient dans cette enceinte, les têtes se tournent vers lui et les oreilles se dressent? Avez-vous remarqué qu’avec une simple question ou observation apparemment innocente, au beau milieu d’une réunion qui tourne en rond, il change le cours de la discussion et apporte de nouveaux angles de réflexion qui nous éclairent? Cela fut notamment le cas durant les débats concernant le projet de loi C-69, la Loi sur l’évaluation d’impact, un dossier sur lequel j’ai collaboré étroitement avec lui et dont il était le responsable législatif pour le Groupe des sénateurs indépendants.

Le projet de loi C-69 était porteur de division — c’est le moins qu’on puisse dire — mais le sénateur Wetston était une des rares personnes que les interlocuteurs de tous bords consultaient, que ce soit les partisans des pipelines et des mines, les militants écologistes, ou les représentants des Premières Nations. Il n’avait pas réponse à tout, mais il clarifiait les choses. Il a su clarifier avec brio les principes qui sous-tendent un objectif politique, le cadre institutionnel régissant toutes les politiques, les aspirations pour bâtir un Canada meilleur — qui sont nécessaires si l’on veut que les modifications apportées aux politiques soient pertinentes —, sans parler des compromis qui doivent être concédés chaque fois que l’on se retrouve devant une décision difficile.

Cinq années et sept mois en compagnie du sénateur Wetston, c’est bien trop court. Il a accompli tellement de choses dans cette courte période, et pourtant je sais qu’il aurait voulu faire encore davantage. C’est à nous de reprendre le flambeau de ses dossiers inachevés au Sénat. Ce qui nous amène inévitablement à poser cette question qui nous brûle les lèvres : après avoir franchi autant de sommets dans sa carrière, que fera le sénateur Wetston après avoir tiré sa révérence?

Howard, nous attendons avec impatience de voir ce que vous réserve le prochain chapitre de votre vie, et nous vous souhaitons le meilleur, à Debbie ainsi qu’à vous même.