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Le lien entre la prospérité et l'immigration

Honorables sénateurs, je suis heureux de soutenir cette interpellation, et je remercie la sénatrice Omidvar de l’avoir présentée. Je remercie également les intervenants précédents qui ont abordé un large éventail de questions liées à l’immigration et à la prospérité du Canada.

Il est inutile de revenir sur l’importance de l’immigration pour le Canada, tant sur le plan historique que pour sa réussite future. Bien qu’il existe encore des franges de la population opposées à l’immigration, leur opposition est largement fondée sur la préférence accordée aux habitants de souche et attisée par la xénophobie. Cela ne veut pas dire que la politique d’immigration au Canada est irréprochable. De nombreuses questions doivent être abordées, notamment les niveaux, les critères de sélection, l’établissement et l’intégration. C’est pourquoi j’appuie non seulement cette interpellation, mais aussi toute mesure de suivi qui pourrait permettre au Sénat de jouer un rôle de catalyseur dans la future politique migratoire. J’utilise à dessein le terme migration plutôt qu’immigration parce que je crois que le Canada est entré dans une nouvelle phase des déplacements mondiaux des populations, et que la politique future et les déplacements de population doivent tenir compte à la fois des entrées et des sorties.

C’est un cliché de le dire, mais, outre la population autochtone, le Canada est un pays d’immigrants. Les vagues d’immigration des 150 dernières années ont fait croître la population du Canada, qui est passée de seulement 3,4 millions de personnes en 1867 à environ 38 millions de nos jours. Depuis l’avènement de la Confédération, le pays a reçu environ 17 millions d’immigrants, alors c’est peut-être un cliché, mais c’est la réalité. C’est d’ailleurs l’espoir qui animait sir Wilfrid Laurier, vu l’étendue, les innombrables ressources et les grands attraits du Canada pour les gens de partout sur planète qui cherchent à améliorer leur sort. C’est ce qui a poussé sir Wilfrid Laurier à affirmer que « le XXe siècle [serait] celui du Canada ». Je ne suis pas certain que ce fut le cas, mais, dans l’ensemble des choses, ce furent 100 très bonnes années pour le pays.

Je crois qu’une bonne partie de ce succès est attribuable à notre ouverture en matière d’immigration. Lors d’un récent webinaire organisé par la sénatrice Omidvar, le statisticien en chef du Canada, Anil Arora, nous a appris que, d’ici 10 ans, l’ensemble de la croissance démographique du Canada sera attribuable à l’immigration. Pour que le pays connaisse un autre siècle prospère, il faudra améliorer les moyens pris pour attirer les gens de talent au Canada, mais aussi amener la population à acquérir une optique mondialiste et établir des liens avec les Canadiens expatriés.

Honorables sénateurs, on estime à 2,8 millions le nombre de Canadiens qui vivent à l’étranger. C’est plus que la population de certaines provinces, ce qui a amené, dès 2009, la Fondation Asie Pacifique du Canada à affirmer que les Canadiens expatriés formaient la province cachée du Canada. Un des pionniers à avoir étudié la question des Canadiens expatriés est le professeur Don Devoretz de l’Université Simon Fraser, malheureusement décédé cette année. En compagnie de Kenny Zhang, il a fait une estimation globale du nombre de Canadiens à l’étranger, ainsi qu’une estimation de leur nombre à certains endroits, comme aux États-Unis et à Hong Kong. Les recherches qu’ils ont menées il y a plus d’une décennie ont servi de fondement à tous les travaux ultérieurs sur la question.

L’idée centrale du travail de la Fondation Asie Pacifique du Canada est que les Canadiens à l’étranger ne représentent pas un passif éventuel pour notre bilan national, mais sont plutôt un atout caché pour le Canada. La mesure dans laquelle cet atout peut être mis au jour dépend du degré auquel les Canadiens accueillent leurs compatriotes à l’étranger de la même façon qu’ils accueillent les nouveaux arrivants au pays. Elle dépend également de l’existence de politiques gouvernementales visant explicitement à établir des liens avec les Canadiens à l’étranger et à les inciter à participer à la société, à l’économie et aux affaires civiques du Canada.

L’intérêt pour les Canadiens à l’étranger a grandi ces dernières années, et ce, pour deux raisons. La première raison est l’attention portée par les médias aux Canadiens qui occupent des postes de premier plan dans le monde. Pensez à Mark Carney à la Banque d’Angleterre, à Lindsay Miller au Dubai Design District, à Stephen Toope, le vice-chancelier de l’Université de Cambridge, et à Lisa Bate à B+H Asia.

John Stackhouse a récemment publié un livre qui met en lumière certains des Canadiens qui occupent des postes en vue dans le monde entier, mais je ne mettrais pas beaucoup d’espoir sur la reconnaissance du nom de quelques superstars comme politique durable axée sur les Canadiens à l’étranger. Loin d’être une bonne approche, elle est vouée à l’échec parce qu’elle repose trop sur la perception de la réussite individuelle et donne l’impression que le Canada peut bénéficier de contacts sporadiques avec quelques grands noms plutôt que d’une politique générale qui exploite le réservoir beaucoup plus vaste d’expatriés canadiens talentueux dans le monde.

Deuxième raison : en 2018, nous avons adopté un projet de loi qui donne aux Canadiens vivant à l’étranger le droit de voter, peu importe depuis combien de temps ils ont vécu à l’extérieur du Canada. Ceux d’entre vous qui étaient ici à l’époque se souviendront du débat sur le projet de loi, qui a été présenté afin d’abroger une politique qui privait de leur droit de vote les Canadiens ayant vécu à l’étranger plus de cinq ans. L’adoption de ce projet de loi a eu lieu dans la foulée d’une contestation judiciaire de la part d’expatriés canadiens qui avaient perdu leur droit de vote et qui ont obtenu gain de cause devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario, et ce, avant l’adoption du projet de loi.

Comme j’ai travaillé sur ce dossier pendant des années, je me suis longuement interrogé sur l’antipathie ressentie envers les Canadiens vivant à l’étranger, laquelle est encore plus profonde dans le cas des immigrés qui, après avoir acquis la citoyenneté canadienne, choisissent de retourner dans leur pays d’origine ou de s’établir dans un autre pays afin de poursuivre des activités correspondant à leurs intérêts personnels ou professionnels.

Nous l’avons constaté au cours de l’évacuation des Canadiens du Liban lors du conflit de 2006, alors que l’on s’indignait de ce que l’on qualifiait de « citoyenneté de complaisance ». Nous l’avons également constaté au cours des années 2000 dans les discussions sur les centaines de milliers de Canadiens de Hong Kong qui, après avoir obtenu la citoyenneté canadienne ou la résidence permanente, sont retournés chez eux pour des raisons familiales ou professionnelles. Vous vous souvenez peut-être de l’expression odieuse utilisée à l’époque pour qualifier ces gens : « des étrangers avec un passeport canadien ». Un article tout aussi répugnant publié dans le magazine Maclean’s en 2006 portait un titre que l’on pourrait traduire en français par « Est-il temps de fermer l’hôtel Canada? ».

Bien sûr, il y a des questions légitimes autour des critères de résidence et des obligations fiscales des immigrants qui retournent dans leur pays, ainsi que sur la nature et l’étendue des services consulaires fournis aux Canadiens vivant à l’étranger. Toutefois, de manière générale, les politiques relatives aux expatriés canadiens, surtout à l’extérieur des États-Unis et de l’Europe de l’Ouest, reposent sur l’idée que, compte tenu de la responsabilité du Canada envers ses citoyens, notre pays doit avoir comme objectif de réduire au minimum les risques liés à cette responsabilité. En fait, le ministère du gouvernement du Canada responsable des Canadiens à l’étranger, soit Affaires mondiales, indique clairement que son rôle se limite aux affaires consulaires. Il n’est pas question d’exploiter les avantages potentiels de la présence de Canadiens à l’étranger.

Il fut un temps où les gouvernements au pouvoir, qu’ils soient conservateurs ou libéraux, avaient des secrétaires parlementaires responsables des Canadiens à l’étranger, mais ces derniers voyaient généralement leur travail comme se limitant à s’occuper des Canadiens qui avaient des problèmes à l’étranger.

Le fait que près de 9 % des Canadiens vivent à l’étranger indique qu’il existe une diaspora de Canadiens au sens large du terme, c’est-à-dire une communauté à l’étranger ayant des liens avec le Canada. Pensez à l’expression « diaspora irlandaise » ou « diaspora italienne » ou « diaspora indienne » et vous comprendrez ce que je veux dire. Toutefois, lorsque les politiciens et les commentateurs de l’actualité parlent de la « diaspora canadienne », des « Canadiens de la diaspora » ou de la « politique de la diaspora », ils ne font pas référence aux Canadiens à l’étranger; ils parlent plutôt des immigrants au Canada, surtout des minorités visibles comme moi, et ils nous définissent en fonction de nos liens avec un autre pays ou un groupe ethnique qui ne vient pas de l’Occident.

Honorables sénateurs, le fait est que le terme « diaspora » est utilisé pour désigner les minorités canadiennes vivant au Canada plutôt que les citoyens canadiens vivant à l’étranger. Qu’est-ce que cela révèle sur la mentalité du pays? Je pense que la raison profonde de l’antipathie des politiques à l’égard des Canadiens à l’étranger découle de la façon dont les Canadiens se perçoivent par rapport au monde.

Comme Laurier, nombre d’entre nous ont le sentiment d’avoir gagné à la loterie en naissant dans ce pays ou en ayant été sélectionnés comme immigrants au Canada. Je ne suis pas en désaccord. Cependant, cette attitude peut en amener certains à se demander pourquoi quelqu’un choisirait d’aller à l’étranger, puisqu’être canadien est comme gagner à la loterie. Cette attitude peut friser l’incompréhension, voire l’hostilité. J’ai souvent entendu des gens dire qu’il y a quelque chose d’ignoble et de déloyal dans le fait de déménager dans un autre pays après avoir immigré au Canada, même si c’est pour une raison professionnelle ou familiale tout à fait raisonnable.

La mentalité canadienne se fonde sur l’idée que le Canada est un pays d’immigrants, et cette image que le Canada a de lui-même est aussi prégnante qu’enthousiasmante. Cependant, une telle mentalité peut virer à l’esprit de clocher quand on ne peut pas comprendre à quel point il est important que le Canada soit aussi un pays d’émigrants. Nous avons tendance à voir l’immigration comme un aller simple dont la destination finale est le Canada. Soyons clairs, nous devons faire tout en notre pouvoir pour aider les immigrants à réussir leur vie au Canada afin qu’ils puissent y rester. Cependant, pourquoi notre vision du succès devrait-elle se limiter à ce qui se passe au Canada? Ne pourrions-nous pas avoir une vision plus large de la migration qui nous permettrait de voir que les citoyens canadiens à l’étranger contribuent également à l’économie, à la société et à la vie citoyenne du Canada?

Bien sûr, il y a ici un paradoxe à cause de la difficulté que de nombreux immigrants éprouvent à obtenir des emplois à la hauteur de leurs compétences et de leur expérience. C’est un problème dont nous semblons discuter année après année, sans accomplir de grands progrès. Est-il donc surprenant que des immigrants provenant d’économies dynamiques qui ne parviennent pas à trouver un travail qui leur convienne au Canada choisissent de retourner dans ces pays pour des raisons professionnelles? S’ils prennent une telle décision, ne serait-il pas préférable que nous les considérions comme des atouts pour le monde pouvant servir les intérêts du Canada, plutôt que comme des « étrangers avec un passeport canadien »?

Je sais bien que certains expatriés canadiens se fichent éperdument de contribuer ou non au Canada. Cela vaut autant pour les athlètes professionnels ou les vedettes de cinéma qui connaissent le succès à Los Angeles que pour les magnats canadiens, libres de toute attache, à Londres, à Paris ou à Shanghai. À vrai dire, cela s’applique également aux résidents canadiens qui se soucient uniquement de leurs propres petits intérêts.

N’empêche que, dans la majorité des cas, l’attachement au Canada est réciproque. Si le Canada ne fait aucun cas des citoyens qui vivent à l’étranger, alors ceux-ci n’auront aucun intérêt à faire rayonner le Canada. Voilà pourquoi la politique actuelle doit évoluer et tâcher de cultiver les attaches entre le Canada et ses citoyens au lieu de s’en tenir aux stricts services consulaires.

Un grand pas en ce sens a été franchi lorsque la loi électorale a été changée de manière à permettre aux Canadiens vivant à l’étranger de voter. De nombreux sénateurs ont appuyé ce changement pour des motifs constitutionnels, en se fondant sur le principe selon lequel un Canadien, c’est un Canadien, point à la ligne. Je souscris à cette analyse, qui a d’ailleurs été confirmée par les tribunaux avant même l’entrée en vigueur du projet de loi, mais selon moi, le principal avantage aura été que, dorénavant, les Canadiens qui vivent à l’étranger savent que nous voulons qu’ils demeurent attachés au Canada.

Les résultats des élections de 2019 étaient encourageants : sur les quelque 55 000 Canadiens vivant à l’étranger qui étaient autorisés à voter, 34 144 l’ont fait. À titre de comparaison, en 2015, seulement 11 000 des 16 000 électeurs inscrits vivant à l’étranger ont voté; en 2011, ils ont été 6 000 sur les 11 000 électeurs inscrits à voter. Ces électeurs sont rattachés à un grand nombre de circonscriptions; il est donc peu probable qu’ils aient une influence considérable dans une circonscription précise. Leur nombre total n’est toutefois pas négligeable, et il ira probablement en augmentant.

Les partis politiques auraient intérêt à porter attention à ces électeurs vivant à l’étranger. J’ai découvert avec plaisir, récemment, les démarches que fait le Parti conservateur pour les courtiser. Ces efforts sont menés par John Baird et Nigel Wright, deux éminents Canadiens qui, fait peu étonnant, sont eux-mêmes d’anciens expatriés.

L’engagement politique ne représente qu’une parcelle de l’attachement que les gens ressentent pour le Canada, et ce n’est pas nécessairement la partie la plus importante. Une politique progressiste axée sur les Canadiens vivant à l’étranger devrait avoir pour objectif de renforcer leurs liens avec tous les aspects de la vie canadienne, y compris les affaires, les arts, les sports et les loisirs, la recherche et l’éducation, la philanthropie et encore plus. Si vous croyez que ce serait un défi de taille de trouver des Canadiens qui vivent à l’étranger et souhaitent s’intéresser à tous ces domaines, je peux vous dire qu’il existe, partout dans le monde, de nombreuses organisations qui fournissent des plateformes destinées à des activités de ce genre à l’intention de gens qui se déclarent Canadiens. On trouve, par exemple, le groupe Network Canada au Royaume-Uni, le C100 dans la Silicon Valley, des clubs d’affaires Maple dans diverses villes des États-Unis, les Amis du Canada en Allemagne, et des chambres de commerce du Canada partout dans le monde.

Modifier le discours au pays afin qu’il ne soit plus exclusivement axé sur l’immigration et qu’il tienne également compte de l’émigration aura des avantages qui vont au-delà de notre relation avec les expatriés canadiens.

Une des raisons fondamentales qui expliquent pourquoi les immigrants ont autant de mal à se trouver un emploi à la mesure de leurs compétences et de leur expérience est que les employeurs canadiens et la population en générale sous-estiment l’expérience vécue par les immigrants à l’étranger. C’est une situation paradoxale, parce que nous disons vouloir que les immigrants viennent en raison de leurs compétences et de leur expérience, mais la première question qu’on pose habituellement à un nouvel arrivant lorsqu’il postule un emploi est : « Quelle est votre expérience de travail au Canada? » Encore une fois, le problème est l’esprit de clocher associé à l’image positive que nous avons du Canada en tant que meilleur pays au monde pour l’immigration. Cet esprit de clocher en amène plusieurs à considérer que seule l’expérience de travail acquise au Canada a une valeur.

Je crois qu’une vision plus équilibrée du Canada autant en tant que pays d’immigration qu’en tant que pays d’émigration aiderait les Canadiens à mieux réaliser l’importance des connaissances et de l’expérience acquises à l’étranger et à avoir plus d’ouverture face aux diverses cultures. Cela donnerait plus de valeur à un système d’éducation qui valorise l’expérience acquise à l’étranger par un jeune pour son avancement professionnel plutôt que de considérer qu’il s’agit d’une expérience sans valeur.

Si on considère vraiment que le Canada est le meilleur pays du monde, il faudrait s’attendre à ce que la plupart des Canadiens partis à l’étranger reviennent au pays. Or, si nous ne valorisons pas l’expérience acquise à l’étranger, pourquoi ces Canadiens voudraient-ils revenir?

À l’heure actuelle, les jeunes Canadiens n’ont pas une optique aussi mondialisée que leurs pendants dans bien d’autres pays. Expérience internationale Canada, ou EIC, en a présenté des preuves. Il s’agit d’un programme de mobilité pour les jeunes qui permet aux citoyens canadiens âgés de 18 à 35 ans de voyager et de travailler à l’étranger. EIC fonctionne au moyen d’une série d’accords bilatéraux et réciproques visant les permis de travail. En date de juillet 2019, le Canada comptait des accords avec 31 pays. Bien que le programme ait des quotas réciproques visant les permis de travail, seulement 19 857 Canadiens y ont participé en 2017, comparativement à 68 371 ressortissants étrangers. Il y a beaucoup plus de ressortissants étrangers qui saisissent l’occasion de venir au Canada que de Canadiens qui saisissent l’occasion d’aller à l’étranger.

Chers collègues, modifier notre mentalité au sujet des Canadiens à l’étranger prendra du temps. La première étape doit être une politique publique délibérée entièrement dédiée à ce problème. Je réclame depuis longtemps la création d’un organisme au sein du gouvernement fédéral voué à favoriser l’attachement des Canadiens à l’étranger envers le Canada et ayant le pouvoir de coordonner au sein de divers ministères des activités liées aux obstacles à l’attachement. La liste de ces obstacles est longue. Mentionnons notamment la collecte de données, les critères d’admissibilité à la résidence permanente, la fiscalité, la sécurité sociale et la double citoyenneté. D’autres problèmes relèvent davantage des gouvernements provinciaux, notamment les cotisations à l’assurance-maladie, l’impôt foncier et le logement. Il existe un éventail de moyens de promouvoir l’attachement, tels que le soutien pour les activités visant des Canadiens à l’étranger, les prix de reconnaissance, la sensibilisation dans les médias et l’engagement politique.

L’examen de toutes ces questions prendra du temps, et il faudra faire des choix politiques difficiles en cours de route. Cependant, d’autres pays ayant une importante diaspora — je pense à la Nouvelle-Zélande, à l’Inde, à l’Irlande et à l’Italie — ont établi des politiques et des programmes pour favoriser l’attachement chez leurs citoyens à l’étranger, et nous devrions faire de même.

Au fur et à mesure que l’immensité du pays était découverte, la conception de ce que représentait le Canada a évolué. Un peu de la même façon, la reconnaissance des Canadiens qui vivent à l’étranger représente une nouvelle frontière dans la réflexion sur l’avenir du pays. Les politiques canadiennes ne se sont jamais aventurées sur ce terrain, et le Sénat du Canada à l’occasion d’établir la feuille de route. Que ce soit dans le cadre d’une étude plus vaste sur l’immigration qui découle de cette interpellation ou d’un projet autonome, j’espère que vous saisirez l’occasion de laisser cette marque. Après tout, avec plus de 3 millions de citoyens vivant à l’étranger, il s’agit d’une population plus grande que celle de la Saskatchewan, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador. Chers collègues, c’est le moment de lever le rideau sur la province canadienne dans le monde.